Lancement du guide annuel Autos 2010

L’APA  fait le tour de l’année modèle 2010 

Montréal, le 24 mars 2010 2010 -- L’Association pour la Protection des Automobilistes a dévoilé ses recommandations pour l’année modèle 2010 aujourd’hui, en collaboration avec le magazine de consommation Protégez-Vous. Les résultats sont publiés dans le guide annuel Autos 2010 publié par Protégez-Vous qui sera disponible en kiosque à partir de samedi. Selon le président de l’APA, Monsieur George Iny, il s’agit d’une très bonne année pour s’acheter une automobile neuve ou d’occasion. En effet, l’APA affirme qu’en dépit de l’attention médiatique accordée aux rappels des automobiles, la qualité générale des automobiles s’avère très bonne et les prix demeurent intéressants.

Selon l’APA, il s’agit dans l’ensemble d’une année de transition. Le marché commence à faire place à de nouvelles autos moins gourmandes, de conception intéressante, comme la Kia Soul et la Nissan Cube; d’autres sont attendues sous peu, comme la Ford Fiesta et la Mazda2. Les constructeurs se précipitent pour présenter des VUS plus légers et confortables construits sur une plate-forme d’auto. Ces modèles feront moins de dommages aux autos lors d’une collision, parce qu’ils sont plus légers que les camions traditionnels et se déforment pour absorber la force d’un impact. Parmi les technologies les plus prometteuses, mentionnons le freinage actif de Volvo qui permettra à l’auto d’éviter une collision, en freinant sans l’intervention du conducteur. En attendant l’introduction d’autos dotées de nouvelles technologies permettant de réduire leur consommation, les consommateurs profiteront cette année de technologies éprouvées.

L’APA déplore le glissement des pratiques entourant la publicité sur les automobiles neuves. Certains constructeurs, comme Chrysler, proposent du financement de très longue durée, soit de 84 et même de 96 mois. Bien que ce genre d’offre prévoie de petits paiements, le consommateur risque d’être bloqué avec l’auto pendant longtemps, car le solde dû sur l’emprunt dépassera la valeur marchande de l’auto pendant plusieurs années. Une autre astuce utilisée pour donner l’impression au consommateur que la somme pour laquelle il s’engage est faible consiste à annoncer un paiement aux deux semaines, ou même à la semaine, alors que la période de paiement habituelle est d’un mois. Par ailleurs, plusieurs constructeurs et concessionnaires de véhicules de luxe annoncent des autos en location entre 350$ et 600$ par mois dans les gros caractères. Mais en examinant attentivement les petits caractères, on peut apprendre qu’il faudra verser plus de 5 000$ en frais et paiements initiaux lors de la livraison du véhicule pour obtenir la mensualité annoncée. Selon l’APA, la publicité sur le prix des marchands d’automobiles d’occasion au Québec est plus intègre et démontre qu’il est possible de faire un nettoyage en matière de publicité relative aux autos neuves.

Les constructeurs américains

Ford bénéficie d’une longueur d’avance sur les autres constructeurs américains. Ses automobiles et VUS de taille intermédiaire et plus larges, comme la Fusion et le Edge, semblent attirer les acheteurs américains. Pour décoller au Québec, Ford promet sous peu son modèle Fiesta, et la fiabilité des automobiles Ford s’améliore d’année en année depuis 2007. GM propose certains modèles intéressants comme le VUS Chevrolet Equinox et la berline Malibu. Par contre, les composantes de freinage, de direction et les capteurs électroniques, qui étaient d’une fiabilité médiocre dans le passé, laissent toujours à désirer chez GM. Chrysler est en veilleuse, avec des petits véhicules classés inférieurs à la moyenne; il faudra attendre encore une année ou deux pour le renouvellement partiel de sa gamme ainsi que la présentation d’un nouveau modèle Fiat.

Les constructeurs européens

Le Canada semble faire exception au ralentissement mondial constaté dans la vente des automobiles de luxe. En effet, BMW, Mercedes-Benz et Audi battent des records au Canada, principalement avec leurs berlines d’entrée de gamme comme les série 3 de BMW et les A4 et A5 de Audi, ainsi que des VUS comme la Mercedes GLK. Ces constructeurs proposent maintenant presque exclusivement des berlines à traction intégrale pour le marché canadien, et arrachent des ventes à des marques de luxe en déclin comme Acura, Volvo, et Jaguar. Quant à Cadillac, il faudra attendre le retour des promotions de location intéressantes avant qu’elle diminue sa perte de vitesse face aux modèles européens. Selon George Iny, la concurrence est si intense que certains des modèles d’entrée de gamme de Mercedes et Audi se louent pour une mensualité qui rivalise une intermédiaire japonaise tout équipée.

Dans le créneau des marques plus abordables, le produit Volkswagen se voit enfin attribuer une place de choix dans les pages du guide annuel Autos 2010. En effet, l’APA avait dénoncé la fiabilité douteuse de la plupart des modèles Volkswagen dans les anciens numéros du guide. La fiabilité des modèles récents s’est nettement améliorée et les autos ainsi que les VUS Volkswagen se distinguent par leur comportement routier, la finition et le confort, qui sont tous en tête de leurs catégories.

Les constructeurs asiatiques

La croissance chez Hyundai et Kia s’avère le phénomène le plus marqué parmi les constructeurs asiatiques. Tous les modèles renouvelés chez Hyundai se distinguent par leur rapport qualité-prix, et plusieurs d’entre eux ont suscité moins de plaintes depuis 2006 que les modèles des constructeurs japonais. Dernièrement, Hyundai a fait connaître son intention de rivaliser avec les autos les plus économiques dans chaque segment où elle propose un modèle. Cela exigera de proposer des modèles moins gourmands que les Toyota et Honda – tout un défi - et nécessitera la présentation de modèles hybrides. Kia innove avec plusieurs modèles abordables comme la Rondo, classée meilleure de sa catégorie dans Autos 2010, ainsi que la Soul.

Côté résistance, par rapport à la rouille et à la peinture, l’APA a noté quelques faiblesses avec les Mitsubishi, Honda, Kia, la Mazda 3 et la Toyota Yaris.

… et finalement Toyota

Toyota a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois en raison des incidents liés à l’accélération subite d’un nombre important de ses véhicules. Dans l’ensemble, la preuve à se jour indique que la majeure partie des plaintes seraient liées à l’erreur humaine ou à une conception de pédale d’accélérateur incompatible avec les tapis du genre « sauve pantalons », installés par les consommateurs canadiens en hiver, et souvent placés par-dessus les tapis d’origine. Il reste toutefois des d’incidents où la cause n’est pas déterminée; dans la plupart des cas cela est dû à l’absence d’analyse sérieuse par Toyota suite au signalement de l’incident par le consommateur.

Côté achat, les produits Toyota sont recommandés par l’APA. Le constructeur a connu des pépins dans l’année suivant le lancement de certains modèles récemment redessinés, comme la Camry 2007 et la Corolla 2009, mais la fiabilité d’ensemble demeure bonne. Quant à la valeur de revente, en dépit d’une certaine baisse, elle est toujours supérieure à la moyenne.

En contrepartie, le dossier des accélérations subites Toyota a permis de constater des failles dans le système d’enquête sur les défauts de sécurité au Canada. L’APA recommande les améliorations suivantes :

  • Les concessionnaires devraient être obligés d’enregistrer les plaintes de leurs clients qui sont reliées aux défauts de sécurité et les faire parvenir à Transports Canada. Dans le cas de Toyota, les concessionnaires ont fait « disparaître » les plaintes de leurs clients, sous prétexte qu’il n’y avait rien d’anormal avec l’auto.
  • Tous les constructeurs devraient disposer, au sein de leur personnel canadien ou des professionnels engagés à contrat, d’ingénieurs pouvant enquêter sur le terrain. Jusqu’à très récemment encore, Toyota ne mettaient aucun ingénieur au service des consommateurs ou des concessionnaires pour enquêter les cas rapportés d’accélération subite, une stratégie que George Iny a qualifiée d’irresponsable.
  • Les constructeurs ont déjà l’obligation en vertu de la loi canadienne d’informer le gouvernement lorsqu’ils apprennent l’existence d’un défaut de sécurité. La Loi devrait possiblement être modifiée pour assurer une meilleure collaboration de la part des constructeurs pendant l’enquête. À titre d’exemple, Toyota a caché aux autorités américaines et canadiennes le fait que certains modèles étaient munis d’un ordinateur de bord qui pouvait enregistrer les données sur la position des pédales des freins et d’accélérateur dans les secondes précédant un impact. Ces données auraient grandement aidé à analyser les premières plaintes reçues pour identifier - ou exclure - la présence de défauts électroniques.
  • Transports Canada devrait améliorer sa capacité d’enquête dans le cas des défauts électroniques, cela en ajoutant des ingénieurs spécialisés en électronique à son équipe d’enquête sur les défauts. Son personnel affecté aux défauts de sécurité fait un travail très respectable, toutefois les ressources affectées aux enquêtes sont insuffisantes quand un dossier de grande envergure prend de l’ampleur, comme c’est par exemple le cas du dossier Toyota.

Selon George Iny, les agissements de Toyota ont soulevé un doute non mérité sur la sécurité des autos fabriquées par l’ensemble des constructeurs. Les représentations récentes des dirigeants de Toyota au Canada sont plutôt laconiques sur les correctifs à apporter à l’interne chez le constructeur. « Il y a toujours du travail à faire du côté de Toyota au Canada » a-t-il déclaré. Selon Monsieur Iny, le dossier préoccupera encore les médias en 2010, jusqu’au moment où l’on sera capable d’identifier de façon plus certaine les facteurs techniques et humains qui provoquent les incidents d’accélération subite.

Quant aux correctifs à apporter du côté de la technologie, l’APA préconise la patience. En effet, les accélérations subites ont toujours été présentes dans une certaine mesure, en partie parce que les pédales de freins et d’accélération sont très proches l’une de l’autre, et qui plus est hors du champ visuel du conducteur. Toute solution technique définitive devrait viser la possibilité d’erreur humaine et la présence de tapis du genre « sauve pantalons » en hiver au Canada, deux facteurs tout à fait prévisibles pour les constructeurs

Ci-dessous les mensualités de paiement pour quelques modèles dans deux créneaux populaires, soit les berlines de la catégorie compacte et les VUS compactes. Toyota concurrence très fortement sur les mensualités à la location, un peu moins au financement, ce qui a provoqué une réplique de Honda, et finalement des autres constructeurs figurant dans ce tableau. Les prix comprennent les taxes et sont établis en fonction d`une mise de fonds de zéro. 

Vehicle

Location 48 mois

Financement 60 mois

Honda Civic DX-G berline

311

410

Mazda 3 GS berline*

376

417

Corolla CE/ amélioré commodité

312

424

Hyundai Elantra GLS berline**

366

380

Honda CR-V LX

traction avant

426

539

Toyota RAV4 de base,

traction avant

418

543

Nissan Rogue S

traction avant

424

506

Hyundai Tucson GL***

automatique, traction avant

367

473

 Ford Escape Escape
2.5L de base, automatique à traction avant

 N.D.

 476

 

* Mazda n`est pas concurrentielle en ce qui concerne les offres de location, depuis l`abandon de son entente avec Ford en 2008. Par contre, la mensualité de financement de la Mazda3 s`avère intéressante.

**prix pour le modèle GLS, qui est le moins cher de la gamme des Elantra à proposer des coussins gonflables latéraux. 

*** la mensualité en location de l`Elantra n`est pas compétitive en comparaison de Toyota et Honda, mais au financement elle est dure à battre. En contrepartie, le Tucson s`avère très avantageux, tant à la location qu’au financement.



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