Enquête sur les commerçants de véhicules d'occasion 2004 - 24 mars 2004

Montréal, le 24 mars 2004


L’Association pour la protection des automobilistes (APA) a aujourd’hui divulgué les résultats de sa dernière enquête anonyme auprès des commerçants d’automobiles d’occasion de la région de Montréal. Résultat: seule la moitié des 30 commerçants visités ont atteint la note de passage.

Les enquêteurs anonymes de l’APA se sont présentés comme de simples consommateurs à la recherche d’une petite auto ou d’une minifourgonnette de 3 000 $ à 8 000 $. Si aucun véhicule ne correspondait aux critères établis, les acheteurs cherchaient alors un véhicule plus cher ou moins cher. L’APA a prêté une attention particulière aux méga-vendeurs d’autos d’occasion, qui se sont établis dans la région de Montréal ces deux dernières années.

Comparativement à Toronto où l’APA vient de mener une enquête identique, l’achat d’un véhicule d’occasion dans la région de Montréal s’avère une meilleure affaire: les pratiques de commerce y sont plus saines et on y vend moins de véhicules en très mauvais état. Par opposition aux marchands d’autos torontois aucun des commerçants à l’étude ne vendait d’autos tel quel ou sans garantie.

«Grossistes» et «encans»: un rendement inégal

Dans l’ensemble, l’APA a constaté que les nouveaux prétendus centres de liquidation, encans et grossistes de véhicules d’occasion affichent des prix beaucoup moins élevés que les concessionnaires à bannière et qu’ils proposent un choix nettement plus important de véhicules — dont des récents modèles de petites autos japonaises, difficiles à trouver ailleurs à prix intéressant. De plus, leurs heures d’ouverture sont plus accommodantes, puisqu’ils sont ouverts le samedi.

Par contre, une forte proportion des ces entreprises ont échoué, et ce pour diverses raisons. Leur publicité était souvent trompeuse: les acheteurs anonymes de l’APA ont appris que le «Prix d’encan plus 399 $» n’équivaut pas au prix coûtant réel plus 399 $, mais que la majoration par rapport au prix coûtant réel est bien plus importante. Chez Encan Direct H. Grégoire, les acheteurs de l’APA n’ont trouvé aucun des six véhicules annoncés au prix annoncé; ils avaient été vendus, des véhicules similaires étaient disponibles mais coûteraient passablement plus chers, ou le vendeur a affirmé que la publicité était erronée. Le concessionnaire Albi Mazda n’avait qu’une Protegé 1999 au prix annoncé de 6 950 $, et elle avait été vendue; les 49 autres Protegé 1999 étaient proposées à 9 995 $ et plus!

Certains méga-vendeurs ne permettent pas à l’acheteur de faire vérifier l’auto par son mécanicien sans avoir d’abord signé un contrat de vente et laissé un dépôt. D’après l’APA, cette pratique est absurde, compte tenu que certains de ces mêmes entreprises ne font aucune inspection elles-mêmes avant la vente au consommateur!

Quand aux prétentions d’encan ou de liquidation, l’APA affirme qu’elles paraissent fausses. Aucun encan n’était en cours lorsque les acheteurs anonymes se sont présentés; quant aux liquidations de véhicules de faillite, il faudrait plutôt parler de vente de simples autos d’occasion, pour la plupart des retours de fin de bail.

Les paiements mensuels annoncés par plusieurs commerçants ne comprennent pas les intérêts. La conséquence? Une mensualité de 99 $ chez Lallier Honda pour une Civic d’occasion se révèle plutôt de 140 $ à 150 $ quand on y ajoute les frais et les intérêts. Parmi d’autres pratiques douteuses, notons des frais exagérés de préparation ou d’administration atteignant 450 $ chez Albi Mazda; chez Desmeules Hyundai, ce sont 595 $ qui sont venus gonfler le prix de vente, les plus importants frais supplémentaires qu’a jamais constatés l’APA au cours d’une enquête au Québec.

Certains commerçants réussissent au test

L’APA affirme que, par opposition à Toronto, plusieurs vendeurs du Québec se sont néanmoins distingués pour leur bon travail; même s’ils œuvrent dans des entreprises qui ont échoué pour cause de fausse publicité, certains vendeurs ont remis les pendules à l’heure lorsque les enquêteurs anonymes se sont présentés. Parmi les commerces qui ont fait du bon travail, l’APA signale les Courtiers d’autos M.G. sur le boulevard Métropolitain à Montréal avec de véhicules en bonne condition vendus à prix intéressant et J.J.R. Automobile à Laval.

Il faut accroître la surveillance

L’APA déclare que la fausse publicité des grands terrains de vente d’autos d’occasion souligne la nécessité d’une présence accrue de l’Office de la protection du consommateur. Les associations de concessionnaires savent très bien que la publicité de leurs membres est trompeuse, mais elles n’ont pas su instaurer la discipline parmi leurs rangs, encore moins parmi les nouveaux commerçants, souvent membres d’aucune association de l’industrie. Selon le président de l’APA, monsieur George Iny, l’Office de la protection du consommateur a besoin de renforts pour ses services juridiques et d’enquête afin de faire face à cette nouvelle concurrence dans le milieu automobile. Malheureusement, l’APA a appris que, au lieu de renforcer l’OPC, le gouvernement provincial songe à confier la surveillance du marché aux concessionnaires eux-mêmes en créant un nouvel organisme appelé la… CIA! Selon monsieur Iny, le consommateur qui achète une auto d’occasion au Québec est nettement mieux protégé que celui de l’Ontario et de l’Alberta, où les concessionnaires s’autoréglementent. «La solution la plus logique, déclare monsieur Iny, serait de fournir des renforts à l’OPC, et non de le neutraliser. Si l’autoréglementation est si efficace, pourquoi ne l’avons-nous pas constaté? Les concessionnaires du Québec réussissent souvent mieux que ceux des autres provinces dans nos enquêtes anonymes, et nous croyons que cela est dû à de meilleures normes de protection du consommateur et à un encadrement plus rigoureux du gouvernement.» Par ailleurs, l’APA affirme que l’autoréglementation coûte souvent plus cher que les services gouvernementaux qu’elle est censée remplacer.

Ce que vous pouvez faire

Utilisez une des publicités trompeuses comme arme de négociation chez les concessionnaires franchisés. La plupart affichent toujours des prix gonflés, mais ils sont devenus beaucoup plus souples en réaction à la nouvelle concurrence et ne tarderont pas à rivaliser le prix annoncé ailleurs.

Faites faire une inspection mécanique par le garagiste de votre choix avant de signer le contrat de vente. Si on vous affirme que c’est impossible, allez ailleurs. L’APA recommande un service mobile d’inspection d’auto; pour 80 $, le mécanicien se rend sur place dans la grande région de Montréal, à Laval et sur la Rive-Sud (514 751-0871).

Voir les résultats individuels des visites aux commerçants de véhicules d’occasion.



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