Enquête sur le programme DriveClean de l'Ontario - janvier 2000

L’Association pour la protection des automobilistes a écrit au ministre de l’Environnement de l’Ontario, M. Tony Clement, pour lui demander de retirer Drive Clean, le programme provincial d`inspection et d`entretien automobile. Les recherchistes de l`APA ont visité 24 ateliers de réparations dans la région de Toronto pour étudier l’application du programme Drive Clean. Ce dernier exige que chaque véhicule motorisé de la région de Toronto et de Hamilton-Wentworth se rende à un laboratoire d`examen tous les deux ans pour subir un test d`émissions. L`APA a découvert que les différences entre les examens sont énormes. Les polluants mesurés peuvent varier jusqu`à 800 % pour le même véhicule, souvent testé le même jour.

Le véhicule utilisé pour les tests a été choisi au hasard chez un concessionnaire, une Pontiac Sunbird 1988 avec 139 000 km à l`odomètre. «Ce véhicule est habituellement conduit par un consommateur disposant d’un budget limité», déclare le président de l`APA, George Iny. Le véhicule a passé 11 tests d`émissions dans différents ateliers et 9 ont échoué. Les coûts estimés pour les réparations variaient entre 220 $ et 679 $. Quatre ateliers ont refusé de tester le véhicule, prétextant que le trop grand nombre de problèmes mécaniques l`empêchait de faire le test.

Réparations frauduleuses- pas un gros problème

Selon M. Iny, «les cas de fraude ont été rares - moins de 10 %». Un des garages, un atelier Midas à Mississauga, a refusé d`atteler l`auto, prétextant que c’était trop dangereux et qu`une réparation de 679 $ serait nécessaire. Les deux autres ateliers ont refusé l`automobile car ils ont repéré ce qu`ils croyaient être une fuite dans le tuyau d`échappement, mais n`ont pas essayé de vendre leurs services.

L`APA a trouvé peu de consensus entre les mécaniciens concernant les réparations recommandées. Le prix moyen estimé était de 526 $ et les diagnostics variaient énormément. Trois ateliers ont découvert la soupape de recirculation de gaz d`échappement comme étant la cause des données défavorables. Deux ont recommandé des petits réglages. Quatre ont recommandé un convertisseur catalytique. Deux autres ateliers ont trouvé un moniteur d`oxygène défectueux, alors qu`un autre disait qu`il était en bon état. L`APA dit que le taux de «succès» des réparations est tellement divergent qu`il est certainement inférieur aux calculs du programme Drive Clean.

Un concept erroné

L`APA a découvert que les événements précédant la visite au centre Drive Clean avaient une grande influence sur les résultats. Un véhicule froid, même réchauffé (en le faisant fonctionner un peu à l`atelier), est beaucoup plus susceptible d’échouer. Le véhicule APA a obtenu les meilleurs résultats après une longue période de conduite sur l`autoroute. D`après l`APA, le problème est que Drive Clean est un concept erroné. «Tu ne peux tout simplement pas obtenir un haut degré de corrélation avec les émissions sur la grand-route d`après un test de deux à quatre minutes dans un atelier,» a énoncé M. Iny. Certaines automobiles qui échouent sont appelées des «girouettes» car elles produisent des résultats qui varient beaucoup durant la même journée, pour de nombreuses raisons.

L`argent est généralement dépensé à des inspections inutiles

Les données de Drive Clean montrent qu`en général, seulement 14 % des véhicules - et aucun véhicule plus récent - échouent au test bisannuel. Le test annuel d’inspection des véhicules « propres » dans le cadre du programme coûte 60 millions de dollars et ne procure aucun bénéfice pour l`environnement puisque ces automobiles ne polluent pas excessivement. L`enquête de l`APA a démontré que même parmi les 14 % qui échouent, il y a de sérieux problèmes dans l’uniformité, le coût et la nécessité des réparations recommandées. L`APA dit que Drive Clean empêche d’autres stratégies, qui pourraient être plus efficaces, de voir le jour. «Drive Clean, dans sa forme actuelle, est un programme coûteux, mal conçu et mal présenté aux Ontariens. Il n`atteindra jamais la promesse d`une réduction de 22 % des émissions.»

Une révision de Drive Clean s`impose

L`APA a fait une demande auprès du ministre de l`Environnement, Tony Clement, pour que les inspections bisannuelles ne touchent pas les véhicules plus récents que 1995 ou de moins de 130 000 km. Les véhicules récents possèdent déjà des capacités de diagnostic grâce à l`ordinateur de bord, qui a des capacités supérieures à celles des laboratoires Drive Clean. L`APA a demandé un moratoire sur toute expansion du programme pendant que celui-ci est vérifié par des experts indépendants. La province devrait considérer l`impact disproportionné de Drive Clean sur les propriétaires de véhicules d’occasion, une fois que le 200$ de réussite sous condition expire. Les propriétaires de ces véhicules vont faire face à un réel problème quand leurs exemptions expireront en avril 2001.

Recommandations pour les automobilistes

Si votre véhicule échoue à un de ces examens, mais que le véhicule semble en bon état de fonctionnement, l`APA vous recommande de réchauffer le véhicule et de le tester à nouveau avant d`autoriser les réparations. Faites le plein de votre véhicule et roulez sur l`autoroute pendant au moins 30 minutes. Faites faire une deuxième inspection Drive Clean dans les 15 minutes qui suivent le réchauffement de votre véhicule.
 



<< RETOURNER